{"id":62,"date":"2021-05-13T23:04:44","date_gmt":"2021-05-13T21:04:44","guid":{"rendered":"http:\/\/assai.org\/?page_id=62"},"modified":"2022-08-08T20:21:32","modified_gmt":"2022-08-08T18:21:32","slug":"ecrivains-critiques","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/assai.org\/?page_id=62&lang=fr","title":{"rendered":"Ecrivains &#038; Critiques"},"content":{"rendered":"\n<h2>Mariko, par Marc Albert<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Les tableaux de Mariko ASSAI<\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">C\u2019est la ville sortant des brumes, <br>les branches et le givre rutilant<br>sous le soleil ou la lune.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Les algues du bord de l\u2019eau<br>dansant de loin avec les roseaux de la dune.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Des id\u00e9ogrammes chinois devenant<br>minarets, d\u00f4mes et coupoles.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Les oiseaux, tout pr\u00e8s des cerises<br>et les feuilles, rondes et vertes<br>sur la port\u00e9e brune des branches.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Les hanches fortes d\u2019un violoncelle<br>s\u2019adossant aux fer-forgeries du balcon.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">La com\u00e8te et sa tra\u00een\u00e9 rose<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Et tout le temps qu\u2019on veut pour faire un v\u0153u.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">C\u2019est le village encore, mais dans les rousseurs de l\u2019automne.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Le chemin bord\u00e9 d\u2019arbres qui y m\u00e8ne<br>est suspendu entre ciel et terre,<br>entre ombre et lumi\u00e8re, entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Un tableau de Mariko,<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">C\u2019est la joliesse sans mi\u00e8vrerie, l\u2019orient sans pacotille,<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">La douceur sans niaiserie, l\u2019allusion et la suggestion.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Jamais la nature morte.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Le fruit aime son compotier, le citron flirte avec la nappe.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Les glycines jubilent dans leur pot de cristal.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">De chaque th\u00e9i\u00e8re qu\u2019elle peint, on s\u2019attend \u00e0 voir surgir<br>le g\u00e9nie d\u2019Aladin.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">La lune sort en plein midi,<br>le soleil s\u2019attarde apr\u00e8s minuit.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Partout il r\u00e8gne un air d\u2019aurore bor\u00e9ale.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Les motifs de la nappe, du vase et du papier peint<br>tournent autour de la table invisible<br>comme s\u2019ils jouaient aux quatre coins<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Dans une sarabande qui charme m\u00eame les d\u00e9funts.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Que quelque dizaines de centim\u00e8tres carr\u00e9 de papier japonais<br>maroufl\u00e9 sur de la toile<br>et que des pigments en poudre dilu\u00e9s dans de la colle<br>suffisent \u00e0 dire tant de choses,<br>c\u2019est un myst\u00e8re que les trouvailles technologiques<br>pourront \u00e0 l\u2019infini reproduire sans jamais l\u2019\u00e9galer.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">C\u2019est ce myst\u00e8re mill\u00e9naire, la peinture.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Nos yeux viennent y butiner, attir\u00e9s comme les abeilles<br>par le pollen des fleurs.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">La peinture de Mariko dispense, m\u00eame aux plus mis\u00e9reux d\u2019entre-nous<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Vaisselle d\u2019or et d\u2019argent, \u00e9toffes pr\u00e9cieuses.<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Elle nous fait princes et princesses,<br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6\">Invitant au pays dont personne ne chasse personne,<br>au festin dont on ne se lasse jamais.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2>Mariko, par Gilbert Soussen<\/h2>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Mariko, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e de Savoir japonais, Initi\u00e9e au noble art de la calligraphie, Etait apparemment vou\u00e9e \u00e0 perp\u00e9tuer L&rsquo;antique tradition de sa m\u00e8re patrie&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Mais un feu int\u00e9rieur qui couvait au fond d&rsquo;elle<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Lui a fait dire : \u00ab Non ! Ce sort n&rsquo;est pas le mien :<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Je veux partir avec le vol des hirondelles<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Je veux conna\u00eetre ailleurs un tout autre destin \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">C&rsquo;est ce qui l&rsquo;amena dans le pays de France aux racines de l&rsquo;Art, au sein de la grandeur Mais aussi dans le fond des intimes souffrances Qu&rsquo;elle comprit sans mal et changea en ferveur.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Car elle porte en elle un altruisme inn\u00e9 Et une paix de l&rsquo;\u00e2me h\u00e9rit\u00e9e de Bouddha Ce que Paris lui donne elle sait l&rsquo;affiner Et c&rsquo;est avec son c\u0153ur qu&rsquo;elle le lui rendra.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Du grand art japonais, elle a gard\u00e9 en elle Les formes \u00e9pur\u00e9es, l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du trait La vibration t\u00e9nue d&rsquo;un vol de tourterelle La ros\u00e9e dilu\u00e9e des petits matins frais.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Paysages lointains, aux bords \u00e9vanescents O\u00f9 les id\u00e9ogrammes ainsi qu&rsquo;une pluie fine Tombent du haut du ciel, tout d\u00e9bordant de sens, Transformant le magma en conscience divine..<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce reflet d&rsquo;extr\u00eame Orient Mariko nous fascine avec un autre monde Nouveau pour elle mais, v\u00e9cu intens\u00e9ment, Enivr\u00e9 de soleil et de chaleur profonde<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Une lumi\u00e8re crue, un dessin qui burine Des couleurs accus\u00e9es o\u00f9 domine le bleu-Apport de l&rsquo;Occident, au peintre qu&rsquo;illumine La richesse de vivre, \u00e0 plein, le \u00ab double je \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Les confidences de Mariko :<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.1\">Quand je suis sortie du monde o\u00f9 je vivais J&rsquo;ai trouv\u00e9 ma v\u00e9ritable identit\u00e9 Elle n&rsquo;est pas tr\u00e8s diff\u00e9rente de la premi\u00e8re : Elle est seulement enrichie&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gilbert Soussen. 2006.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2>Mariko, par la Maison-Atelier Fujita<\/h2>\n\n\n\n<p>Exposition de Mariko Assa\u00ef \u00e0 la Maison-atelier Foujita.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/assai.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2002-09-plaquette-expo-fujita-2002-570x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-78\" width=\"655\" height=\"1176\" srcset=\"http:\/\/assai.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2002-09-plaquette-expo-fujita-2002-570x1024.png 570w, http:\/\/assai.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2002-09-plaquette-expo-fujita-2002-167x300.png 167w, http:\/\/assai.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2002-09-plaquette-expo-fujita-2002.png 650w\" sizes=\"(max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Mariko Assa\u00ef, artiste japonaise, vit et travaille en France depuis 1985. Cette double appartenance nourrit une \u0153uvre singuli\u00e8re, qui, par certains aspects, renvoie \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de Foujita.<\/p>\n\n\n\n<p>Peintre et professeur de calligraphie, donne naissance \u00e0 des \u00abmirages po\u00e9tiques\u00bb, dans des tableaux d\u00e9licats \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 a\u00e9rienne. Elle cr\u00e9e des mondes de couleurs transparents, pleins d&rsquo;\u00e9motions et de nuances.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;artiste juxtapose des signes emprunt\u00e9s \u00e0 la calligraphie, des plages de peinture abstraite et des \u00e9l\u00e9ments figuratifs. Ici, des id\u00e9ogrammes deviennent d\u00f4mes, coupoles, se transforment en ferronneries de balcon ou hanches de violoncelles. Ailleurs, les \u00e9l\u00e9ments figuratifs prennent de la densit\u00e9 pour former des villes sortant de la brume, des dunes o\u00f9 dansent des roseaux et des algues&#8230; Parfois, les formes qui apparaissent, ne se nomment pas et la vision s&rsquo;\u00e9gare dans la fluidit\u00e9 d&rsquo;une com\u00e8te et de sa tra\u00een\u00e9e&#8230;&nbsp; Dans l&rsquo;informel naissent des paysages dont on ne peut dire \u00e0 quel monde ils appartiennent, suspendus entre ciel et terre, entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9. Ces \u00e9l\u00e9ments qui semblent fusionner dans l&rsquo;air, nous renvoient \u00e0 une appr\u00e9hension diff\u00e9rente du cosmos, qui n&rsquo;est pas \u00e9trang\u00e8re aux influences que le bouddhisme exerce sur le peintre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u0153uvres de Mariko Assa\u00ef sont des passerelles entre tradition et modernisme, entre abstraction et figuration ; elles oscillent entre orient et occident, en situation d&rsquo;\u00e9changes et d&rsquo;enrichissements r\u00e9ciproques. En cela aussi, elles s&rsquo;inscrivent dans un jeu de miroir par rapport \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de Foujita.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a id=\"wp-block-file--media-da07565f-eebe-4f55-ae88-b2ce604da7ef\" href=\"http:\/\/assai.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2002-09-plaquette-expo-fujita-2002_rearranged.pdf\">2002-09-plaquette-expo-fujita-2002_rearranged<\/a><a href=\"http:\/\/assai.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2002-09-plaquette-expo-fujita-2002_rearranged.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-da07565f-eebe-4f55-ae88-b2ce604da7ef\">Download<\/a><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2>Mariko, par Albert Li\u00e9vin<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Nouveau-n\u00e9s dans le jardin des arts<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le premier coup d\u2019oeil sur un tableau d\u2019ASSAI, deux noms viennent spontan\u00e9ment aux l\u00e8vres : Picasso et Matisse. Rien de moins ? Rien de moins. Le passage de cette jeune femme japonaise \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Beaux-Arts de Musashino \u00e0 Tokyo l\u2019aurait-elle marqu\u00e9e d\u2019une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile, \u00e0 la fois moderniste et classique ? Pas du tout. Mais on dirait qu\u2019elle les retrouve, comme malgr\u00e8 elle, m\u00eame lorsqu\u2019elle est aussi loin que possible de vouloir les imiter.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, quel Picasso ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Le Picasso dont les visages ont l\u2019ovale pur des masques, et les corps, la d\u00e9coupe robuste des sculptures d\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Et quel Matisse ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Le Matisse attentif aux motifs d\u2019une robe, aux arabesques en fer forg\u00e9 du balcon, \u00e0 la d\u00e9coupe insolente de la lumi\u00e8re dans le rectangle de la fen\u00eatre, et g\u00e9n\u00e9ralement parlant, tout le Matisse des papiers d\u00e9coup\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi Mariko est-elle venue \u00e0 Paris, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9, au Japon comme partout ailleurs, on disait Paris mort et New-York en pleine vie ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; <em>Parce que je me demandais ce que des gens comme Foujita, comme l\u2019espagnol Picasso, ou comme le romancier am\u00e9ricain F. Scott Fitzgerald &#8211; h\u00e9ros que j\u2019admirais &#8211; avaient bien pu voir dans cette ville d\u2019assez captivant pour leur donner envie d\u2019y vivre, et certains pour longtemps.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Maintenant j\u2019ai compris : c\u2019est parce que le monde entier s\u2019est donn\u00e9 rendez-vous \u00e0 Paris. En ce sens Paris est bien diff\u00e9rent du Japon, d\u2019o\u00f9 le reste du monde semble si lointain. Paris est un creuset o\u00f9 des gens venus de toutes les parties du monde se retrouvent pour cr\u00e9er une culture nouvelle&#8230;<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me r\u00e9cent de Mariko est son b\u00e9b\u00e9. L\u2019accouchement d\u2019un b\u00e9b\u00e9 (ce myst\u00e9rieux travail des femmes qui ne peut que susciter l\u2019admiration sans fin des hommes, totalement incapables d\u2019accomplir un tel miracle) n\u2019a pas aboli chez elle la capacit\u00e9 d\u2019accoucher aussi d\u2019oeuvres d\u2019art. Et \u00e0 peine son b\u00e9b\u00e9 n\u00e9, elle s\u2019est remise \u00e0 peindre, en le prenant pour mod\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela il lui a souvent fallu attendre que l\u2019enfant dorme, et que s\u2019apaise cette constante volont\u00e9 de boire, de manger, d\u2019\u00eatre berc\u00e9 et dorlot\u00e9 que certaines m\u00e8res, m\u00eame les plus aimantes, finissent par ressentir comme une menace \u00e0 leur int\u00e9grit\u00e9. Cette r\u00e9colte de tableaux porte donc la trace omnipr\u00e9sente de son nouveau-n\u00e9. Une fois encore les assoiff\u00e9s de r\u00e9f\u00e9rence parleront de Matisse et Picasso. Pour ma part je parlerais plut\u00f4t de Patisse et de Micasso, vue la sauce \u00e0 laquelle Mariko les mange.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui r\u00e9appara\u00eet surtout, c\u2019est l\u2019acquis de quinze ans de calligraphie japonaise \u00e0 l\u2019\u00e9cole de de ma\u00eetre Maeda, une femme actuellement ag\u00e9e de 85 ans, dont les cours ont permis \u00e0 Mariko d\u2019obtenir pas moins de quinze prix de calligraphie d\u2019art \u00e0 Tokyo. Et c\u2019est&nbsp; d\u2019un autre ma\u00eetre des arts plastiques, le peintre Sho\u00efchi Hasegawa (install\u00e9 depuis plus de trente ans&nbsp; en France et artiste reconnu de l\u2019Ecole de Paris) qu\u2019elle a appris la technique de la peinture traditionnelle japonaise, avec colle et pigments.<\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; La peinture occidentale est construite, alors que la peinture orientale est intuitive<\/em> &nbsp;\u00bb dit encore ASSAI. Si l\u2019on en croit cette d\u00e9finition, alors, elle n\u2019a jamais quitt\u00e9 l\u2019Orient. Ou plut\u00f4t son travail, fruit du fertile mariage entre inspiration moderne et technique traditionnelle, trouve d\u2019embl\u00e9e sa place sur les murs d\u2019un ch\u00e2teau de r\u00eave, construit par l\u2019admiration que, depuis plus d\u2019un si\u00e8cle, les artistes des deux continents de vouent mutuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les id\u00e9ogrammes de l\u2019\u00e9criture chinoise \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine des images. Ce sont des images abstractis\u00e9es auxquelles la calligraphie rend parfois leur substance figurative. Le trait qui sert \u00e0 tracer le mot \u00ab&nbsp;arbre&nbsp;\u00bb peut retrouver l\u2019\u00e9paisseur rugueuse d\u2019un tronc, et les lignes du caract\u00e8re \u00ab&nbsp;femme&nbsp;\u00bb peuvent co\u00efncider avec la courbe gracieuse des bras crois\u00e9s sous la poitrine, comme pour porter un b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>ASSAI est loin d\u2019avoir \u00e9puis\u00e9 les ressources d\u2019une telle r\u00e9surrection des signes, capables de redevenir portraits ou paysages. Mais dans les fonds de certains de ses tableaux on voit d\u00e9j\u00e0 affleurer des signes, comme des ombres derri\u00e8re la vitre embu\u00e9e, comme des \u00e2mes press\u00e9es de rena\u00eetre pour venir jouer avec l\u2019infant joufflu, solidement camp\u00e9 au c\u0153ur de la toile ou allong\u00e9 sur elle, les yeux clos, r\u00eavant dans la cit\u00e9 endormie, sous la caresse du regard de ses parents.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Albert Li\u00e9vin<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mariko, par Marc Albert Les tableaux de Mariko ASSAI : C\u2019est la ville sortant des brumes, les branches et le givre rutilantsous le soleil ou la lune. Les algues du bord de l\u2019eaudansant de loin avec les roseaux de la dune. Des id\u00e9ogrammes chinois devenantminarets, d\u00f4mes et coupoles. 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